Débâcle / Lize Spit

Eva, jeune adulte, est de retour à Bovenmeer, le petit village flamand dans lequel elle est née en 1988, ainsi que Pim et Laurens. Seuls enfants nés cette année-là, inséparables durant toute leur enfance, ils seront surnommés « Les Mousquetaires ».
Mais à l’adolescence, les rapports changent… Lors d’un été de canicule, les garçons mettent au point un jeu pervers, piégeant les plus belles filles du village et les amenant, par un habile jeu de questions/réponses pour trouver la solution d’une énigme, à se déshabiller. Pour rester dans le groupe, Eva doit servir d’arbitre et proposer l’énigme en question. Mais très vite, les choses dégénèrent.
Treize ans plus tard, Eva est donc de retour.
Et cette fois, c’est elle qui a un plan.

D’emblée, la couverture interpelle et dérange. On y voit une petite fille, les yeux clos, une cigarette en train de se consumer entre les doigts.

La traduction du titre original (« Het smelt » – littéralement : « ça fond ») en « Débâcle » intrigue également (mais tant le titre en néerlandais qu’en français se révéleront, au fil de la lecture, d’une admirable justesse).

La débâcle, selon le Larousse, peut signifier « la rupture des glaces d’un fleuve gelé », « la retraite brusque et désordonnée d’une armée » ou encore « l’effondrement brutal d’une entreprise, d’une affaire ».

De tout cela, il sera un peu question dans ce roman qui nous parle d’amitié, de puberté, de familles dysfonctionnelles, de la difficulté de grandir sans repères, de jeux qui dégénèrent. La cruauté du récit est rendue plus terrible encore par l’écriture hyperréaliste de l’autrice qui construit son récit en alternant les faits présents et l’histoire passée, créant une tension et un malaise de plus en plus palpables.

Un premier roman remarquable mais choquant et très déstabilisant.

Débâcle, Lize Spit, roman traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif, Actes sud, 2018, 420 p.
ISBN 978-2-330-09265-8

Une femme que j’aimais / Armel Job

Aide-pharmacien à Charleroi, Claude a, au grand désespoir de sa mère, une existence très calme. Toujours célibataire à vingt-neuf ans, il partage sa semaine entre la pharmacie et le cinéma, sa seule véritable passion. Le week-end , sauf exception, il rentre à Vieusart chez ses parents. Pour fuir l’ennui de la maison familiale, il passe beaucoup de temps à pêcher… et à rendre visite à sa tante Adrienne, qu’il adore.

La seule personne que j’aimais rencontrer alors à Vieusart, c’était ma tante Adrienne, veuve d’André Jansens, le frère de mon père. En 1994, elle avait cinquante-cinq ans. Elle habitait seule, une belle demeure de style Art nouveau, ceinte d’un petit parc. Villa Circé, c’était son nom. […]
Ma tante Adrienne, quand je la revois en pensée aujourd’hui que j’ai entamé la cinquantaine, je peux bien le dire, c’est la plus belle femme que j’ai connue au cours de toute ma vie. Je n’ai qu’à fermer les yeux pour qu’elle soit là, devant moi.

Lors d’une de ces après-midis, Adrienne dit à Claude qu’elle voudrait lui confier un secret « avant de mourir ».

Elle paraissait préoccupée. Elle n’avait aucune raison, me semblait-il, de redouter une disparition prochaine et, pourtant, j’ai cru percevoir une lueur de frayeur dans ses yeux. Son secret, de toute façon, il ne fallait pas être grand sorcier pour deviner de quoi il retournait. C’était sûrement une histoire d’amour qu’elle avait vécue dans sa jeunesse.

Mais le samedi 26 mars 1994, lorsque Claude vient sonner à la porte d’Adrienne, celle-ci ne vient pas lui ouvrir. Son corps gît sur le carrelage de la cuisine. Accident ? Meurtre ?

De fausses pistes en désillusions, Claude se met alors en quête de la vérité.

On retrouve dans ce roman l’univers particulier d’Armel Job : une psychologie fine des personnages – et une tendresse bien présente pour les « petites gens »- , de l’humour, et l’atmosphère un peu lourde de la vie « en province ».

D’autres titres de cet auteur sont également disponibles à la bibliothèque.

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Une femme que j’aimais, Armel Job, Ed. Robert Laffont, 2018, ISBN 978-2-221-21544-9

 

 

 

Le champ de bataille / Jérôme Colin

Crédit photo : Allary Editions

C’est arrivé soudainement, il y a près d’un an.
On avait embrassé notre petit garçon. On lui avait dit « Allez, bonne nuit. Dors bien. » avant de refermer délicatement la porte pour ne faire aucun bruit. Avec Léa, on s’était installés sur le divan, et après avoir regardé un film, j’étais repassé par sa chambre pour lui faire un dernier baiser. J’adorais ça, embrasser mes enfants quand ils dormaient. Le lendemain matin, c’était un samedi, il est descendu plus tard que d’habitude. Nous petit-déjeunions. Il est entré dans la pièce en soufflant. Il s’est assis sans dire bonjour. Il a dit : « Y a pas de croissants ? » Il a bâillé. Il a dit à sa petite soeur qu’elle était moche. Il a englouti quatre tartines au chocolat. Il a dit : « Cet après-midi, je vais en ville avec des copains. » On lui a dit non. Il a fait « Pfffff… » Il a mangé une dernière tartine. Il a dit « Je vais prendre une douche. » Il s’est levé sans débarrasser. Il a traîné les pieds jusqu’à la salle de bains. Et il claqué la porte. Cette nuit-là, notre petit garçon avait été dévoré par le monstre. La guerre avait commencé. Nous n’étions pas préparés.

Jérôme Colin, bien connu en Belgique francophone pour
– notamment – ses interviews dans « Hep Taxi ! » sur la RTBF, vient de sortir son deuxième roman.

Dans « Le champ de bataille », il donne avec humour, pudeur et (parfois) gravité,  la parole à un père de quarante ans qui se bat, ou se débat, sur plusieurs fronts.

Face à son fils de 15 ans, adolescent jusqu’au bout des ongles, qui se fout de tout, l’école, la famille, sa petite soeur, la société, …

Face à sa femme, qui lui donne l’impression de s’être éloignée petit à petit, et qu’il rêve de reconquérir.

Face à l’enseignement qui n’a, du plus loin qu’il s’en souvienne, jamais correspondu à ses attentes.

Face à ses rêves, aussi et au temps qui s’échappe, trop vite…

 

Le champ de bataille, Jérôme Colin, Allary Editions, 2018,
ISBN 9782370731265

 

 

 

 

Exposition Anne Brouillard : visite de l’école de Mortroux (3ème maternelle et 1ère, 2ème, 3ème primaires)

Pour une visite guidée de l’exposition, cliquer ici –> Exposition Anne Brouillard – Visite guidée

 

 

 

Exposition Anne Brouillard – Visite des 1ère/2ème primaires de l’école francophone de Fourons

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Pour une visite guidée de l’exposition, avec photos, cliquer ci-après   Expo Anne Brouillard – Visite guidée

 

 

 

Visite guidée de l’exposition « A quoi rêve Anne Brouillard – Le pays de Killiok »

Durant 3 semaines, 22 groupes scolaires (environ 400 enfants) auront eu  l’occasion de visiter l’exposition consacrée à l’auteure-illustratrice belge Anne Brouillard.

Pour bien débuter et pour faire connaissance, un jeu s’imposait :

La visite de l’exposition

La découverte d’une « madame déguisée » pour accompagner la visite a suscité beaucoup de réactions étonnées : « Pourquoi t’es déguisée en Mary Poppins / en bergère / en fermière ? »

Ce « déguisement », ainsi que l’observation de l’affiche, pouvait en fait nous donner déjà pas mal d’indices pour « entrer » dans l’univers d’Anne Brouillard.

Cette entrée en matière a permis aux enfants de découvrir par eux-mêmes un tas d’éléments présents dans l’oeuvre de l’artiste, avant de parcourir tous ensemble quelques-uns de ses albums et ses carnets de croquis via un diaporama :

Ensuite, par petits groupes ou individuellement, les enfants  ont fait le tour de l’expo :

  • ils ont observé les originaux
  • les maquettes créées par l’auteure
  • certain.e.s se sont plongé.e.s dans les livres

L’atelier créatif

Chaque enfant a reçu une carte postale, à compléter selon son choix. Par des mots, des dessins, des collages, … De façon réaliste ou totalement imaginaire.

La peinture à l’oeuf est utilisée par Anne Brouillard. Une bonne occasion de faire découvrir aux enfants cette technique peu connue.

Par classe, ils ont aussi  réalisé deux oeuvres collectives., l’une aux doigts (à l’acrylique), l’autre avec de la peinture à l’oeuf.

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Voici la recette de la peinture à l’oeuf que nous avons utilisée :

  • 1 « bonne » cuillère à café de pigments (en vente dans les magasins de bricolage)
  • 1 jaune d’oeuf
  • un tout petit peu d’eau
  • quelques gouttes de vinaigre

Lier les pigments avec un peu d’eau (très peu – environ 1/2 cuillère à café), ajouter le jaune d’oeuf et quelques gouttes de vinaigre, mélanger. C’est prêt ! (la recette contient normalement aussi de l’huile de lin. Afin d’éviter les taches tenaces, nous n’en avons pas ajouté).

Dans un pot bien fermé, au frigo, cette peinture se conserve quelques jours.

Merci aux enseignantes, dont la plupart nous font confiance depuis plusieurs années, aux enfants pour leur enthousiasme communicatif et leur créativité débordante, et à tous ceux qui, de près ou de loin, permettent à ces beaux projets d’exister.

Cette exposition itinérante du Service Général des Lettres et du Livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles a été conçue par le Wolf et les Ateliers du Texte et de l’Image asbl.

Quant aux animations, elles ont  été imaginées et réalisées par la bibliothèque francophone des Fourons, en collaboration avec le centre culturel des Fourons.

Rendez-vous l’an prochain (l’auteur à l’honneur sera Mélanie Rutten).

Pour voir l’intégralité des photos de la visite de classe de votre enfant, cliquez ci-dessous sur le lien correspondant :

Exposition Anne Brouillard – Visite de la classe de 4ème primaire de l’école communale de Warsage

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Pour une visite guidée de l’exposition, cliquer ici –> Exposition Anne Brouillard – Visite guidée

 

Exposition Anne Brouillard – Visite de la classe de 5ème primaire de l’école communale de Warsage

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Pour une visite guidée de l’exposition, cliquer ici –> Exposition Anne Brouillard – Visite guidée